Sur les violences en milieu périscolaire
#MeTooÉcole SOS Périscolaires : la libération de la parole révèle moins une succession de faits isolés qu’un secteur structurellement défaillant. La focale doit se déplacer du cas individuel vers le modèle. 🧵
Facultatif, le périscolaire pèse sur les finances communales. Le fonds de soutien aux activités périscolaires, doté initialement de 381 M€, a pris fin en 2025 sans compensation, creusant les inégalités entre communes et faisant du périscolaire une variable d’ajustement.
Service public piloté par les communes, associant État et associations, le périscolaire concerne 6,2M d’enfants du primaire pour 1,9M de places… avec des défaillances systémiques qui grèvent ce service : qualité inégale, accès restreint, conditions de travail dégradées.
Un socle d’emploi fragile : – 71 % des animateur·rices ont un diplôme ≤ bac – 50 % gagnent moins de 1 803 € nets mensuels en ETP – 42 % sont en CDD (vacataires nombreux) – 53 % travaillent à temps partiel, souvent subi, avec horaires morcelés
Effet mécanique : 56 % des collectivités peinent à recruter, avec un turnover élevé. Trois dérives en chaîne : personnels insuffisamment qualifiés, accueil dégradé (parfois sous les seuils d’encadrement), formations continues impossibles à déployer.
Dans ce contexte, les violences sont sous-détectées : parole des enfants et des parents insuffisamment prise en compte, procédures hétérogènes voire absentes selon les communes, accueils non classés en ACM échappant aux obligations d’encadrement et de signalement.
Quels leviers ? La qualité commence par la reconnaissance, il faut revaloriser le périscolaire : donner un caractère obligatoire à cette compétence, prévoir des financements nationaux cohérents, exiger des qualifications et faciliter l’accès aux diplômes d’État post-bac.
Réorganiser les temps de l’enfant est un levier central : semaine de 5j avec journées scolaires plus courtes conformément à la convention sur les temps de l’enfant, temps périscolaires allongés. Plus de sens et de stabilité tant pour les enfants que pour les professionnels.
La sécurisation passe aussi par la déprécarisation de la filière (passerelles entre les métiers d’ATSEM, AED, AESH et du périscolaire) et le traitement des signalements : procédures unifiées, remontée nationale systématique, information des parents et des animateurs.
🔗 Pour prolonger :
– Rapport de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant : https://www.lecese.fr/sites/default/files/CCTE-Rapport-citoyen.pdf
– Études INJEP sur les conditions d’emploi des animateurs : https://injep.fr/publication/animateurs-socioculturels-et-de-loisirs-une-profession-plus-souvent-en-cdd-et-a-temps-partiel/
– Rapport parlementaire sur les métiers du lien : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion-eco/l15b3126_rapport-information#
