Sur le PLFSS 2026
Dans le débat public, le vote du PLFSS est présenté comme un texte de « responsabilité », censé préserver le modèle social tout en respectant les contraintes budgétaires. Le gouvernement invoque la stabilité, la majorité un compromis nécessaire.
Dans les faits, le PLFSS voté n’apporte aucune avancée sociale significative. Pas d’extension de droits, pas de correction des inégalités existantes : au mieux, une absence de recul frontal sur certains acquis.
La LFSS prévoit un déficit de 19,4 Md€ en 2026 pour la Sécurité sociale. Aucun redressement structurel n’est engagé : les dépenses restent supérieures aux recettes, sans choix clair ni trajectoire assumée.
Le texte prévoit en outre 4,6 Md€ de transferts supplémentaires de dette de la Sécu vers l’État, en plus de la version initiale. Une manière de camoufler la situation sans traiter le fond.
Le problème est politique. Ce PLFSS ne vise ni à refonder le financement de la Sécurité sociale ni à répondre aux besoins sociaux. Il cherche d’abord à éviter une crise gouvernementale.
Ce choix affaiblit la lisibilité démocratique. Les enjeux propres au PLFSS sont dilués dans ceux du PLF, marqué notamment par les priorités militaires et internationales. Les responsabilités deviennent floues.
Il faut poser un choix clair : les recettes doivent être durablement augmentées. Différer la décision fragilise le modèle solidaire.
Par ailleurs, il faut clarifier les relations financières entre l’État et la Sécurité sociale. Les transferts permanentsbrouillent le pilotage et empêchent toute stratégie lisible à moyen terme.
Tout futur PLFSS devrait être construit en fonction d’objectifs sociaux mesurables — accès aux soins, reste à charge, prévention — et pas uniquement selon des équilibres comptables de court terme.
Pour aller plus loin :
Le dossier officiel : Sur Vie-publique.fr
Cour des Comptes : La situation financière de la sécurité sociale
Les 8 mesures phares : Par BastaMag
